Il est plus cher que les systèmes précédents à cause des équipements supplémentaires. En effet, il faut une pompe pour transférer la chaleur des capteurs au ballon, ainsi qu'un système de régulation électronique pour mettre en marche et arrêter la pompe aux moments opportuns. La plupart des fabricants proposent un "groupe de transfert" qui regroupe tous ces équipements annexes.
4. Quel équipement choisir ? Il est difficile de comparer les équipements solaires objectivement. Même les avis techniques et le respect des différentes normes ne sont pas suffisants pour évaluer les performances d'une manière simple. Comme consommateur, il est utile de se renseigner sur tous les composants du système proposé et pas seulement sur les performances des capteurs mesurées en laboratoire :
· Est ce que le ballon est protégé contre la corrosion et bien isolé pour garder de l'eau chaude d'un jour pour le jour suivant ?
· Est ce qu'il y a un voyant qui montre que l'installation fonctionne correctement ?
· Est ce qu'on peut lire la température de l'eau "solaire" dans un endroit commode (cuisine, salle de bain) afin de décider s'il faut brancher l'appoint ?
· Est ce que les automatismes (régulation de la pompe, consignes pour l'enclenchement de l'appoint, ...) peuvent être modifiés facilement ?
· Quelles garanties sont proposées ?
5. Quelle taille d'installation faut-il ? Le dimensionnement d'un chauffe-eau solaire pour les besoins d'une famille n'est pas une science exacte. Les familles hollandaises, par exemple, ont une préférence pour les chauffe-eau avec 2 m2 de capteurs et les familles allemandes avec 6 m2. Évidement, le nombre de personnes et le climat local sont importants, mais la taille d'un chauffe-eau solaire dépend aussi bien d'un raisonnement philosophique sur la finalité escomptée.
En Hollande, un chauffe-eau solaire sert surtout pour "préchauffer" l'eau chaude domestique, il est rare d'utiliser l'eau "solaire" sans appoint. Donc, l'installation solaire est dimensionnée pour assurer un rendement optimum et ne pas produire plus qu'il faut, même en été.
En Allemagne, le choix est différent. Une autonomie solaire est recherchée pour les mois d'été et ainsi permettre l'arrêt de la chaudière. Dans ce cas de figure, quand il fait beau en été, le chauffe-eau solaire va produire un surplus d'eau chaude, qui sera forcément perdu en partie.
Personnellement, je préfère ce raisonnement et préconise pour une famille de 3 ou 4 dans le Sud de la France : 4 m2 de capteurs avec un ballon de 300 litres. Dans le Nord : soit 6 m2 avec un ballon de 300 litres ou 4 m2 avec un ballon de 200 litres.
Il se peut que de tels systèmes soient considérés surdimensionnés, car une partie de l'eau chaude produite en été ne sera pas consommée. Cependant, il sera possible de produire 100% des besoins (sans appoint) pendant la moitié de l'année. Ainsi, on peut réellement se dire qu'on utilise de l'eau chaude "solaire".
6. Comment gérer le fonctionnement d'un chauffe-eau solaire et son appoint ? On pourrait répondre qu'un chauffe-eau solaire est comme une chaudière ou n'importe quel équipement ménager. On l'achète, on le fait installer, on l'utilise et si quelque chose ne marche pas, on téléphone au vendeur qui se déplace pour la réparer.
Mais actuellement, ce n'est pas exactement le cas. Car il faut comprendre le fonctionnement d'un chauffe-eau solaire pour en profiter pleinement. Il faut savoir, par exemple : qu'il y aura un maximum d'eau chaude "solaire" à la fin de la journée et si le ballon est isolé correctement, l'eau va rester chaude pour les douches du matin. Ensuite, l'eau dans le ballon ne sera que tiède et le soleil va la réchauffer... et ainsi de suite.
Mais, s'il ne fait pas beau ? On aura besoin du chauffage d'appoint et il faut le brancher au bon moment. En général, cela veut dire, à la fin de la journée, quand le soleil ne peut plus intervenir.
Le lien entre le chauffe-eau solaire et l'appoint (gaz, fioul, bois, électricité) peut être manuel ou automatique. Mais dans tous les cas, il faut une certaine compréhension de la part de l'usager pour en tirer les meilleurs résultats.
9. Quelles sont les garanties et qui fait la maintenance? Un chauffe-eau solaire est vendu avec une garantie constructeur, généralement de 10 ans pour les capteurs et de 2 ans pour les autres composants.
L'installateur assure la mise en marche. Ensuite, certains contrôles doivent être effectués au moins une fois par an. L'usager pourraient effectuer ces contrôles suivant les indications d'un carnet de maintenance préparé par l'installateur. Ou bien, l'usager pourrait souscrire un contrat de maintenance, éventuellement groupé avec un contrat déjà souscrit pour la maintenance de sa chaudière.
Le fonctionnement d'un chauffe-eau solaire est très simple en comparaison avec une chaudière à gaz, par exemple. Néanmoins, on peut insister sur l'importance d'un voyant sur le groupe de régulation, pour signaler l'état de fonctionnement du système solaire. En effet, si l'appoint se met en marche automatiquement, il y aura toujours de l'eau chaude... même si le chauffe-eau solaire est en panne.